Le dernier stade de la soif
Frederick EXLEY (Monsieur Toussaint Louverture)
De sa ville natale de Watertown à la Californie ou encore New York et Chicago, Frederick Exley tente de trouver sa place parmi ses
semblables, entre deux séjours en hôpital psychiatrique - où il supporte
vaillamment plusieurs traitements de choc -, divers petits boulots et même
un emploi de professeur de lettres, d'interminables semaines passées à parasiter l'appartement d'un ami avocat complaisant. Des journées rythmées par
les matches de football américain, les beuveries, les bagarres et les
rencontres improbables. L'échec est omniprésent, qu'il soit professionnel ou sexuel.
L' écriture de ces mémoires fictives est puissante et précise, qui s'autorise humour grinçant et auto-dérision permanente.
Très vite devenu une sorte de mythe littéraire lors de sa première parution aux États-Unis en 1968, Le Dernier stade de la soif fait partie de ces romans inclassables, bien loin des codes et des catégories en tout genre. Libre et sans aucune complaisance vis-à-vis de lui-même, cet esprit complexe et torturé emporte le lecteur dans les méandres de son intelligence hors normes sans jamais le perdre en route.
Parfois comparé à Bukowski ou même à Salinger, Frederick Exley ne ressemble à aucun autre, ni dans son parcours personnel, ni dans sa création. Comme le souligne son éditeur Monsieur Toussaint Louverture qui a eu la très bonne idée de le faire découvrir en France cette année, "sa légende s'est faite sur un seul livre".
Difficile de parler d'un OVNI littéraire, le mieux est encore de le découvrir par la lecture...
La préface de l'écrivain Nick Hornby vaut à elle seule le détour !
